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Le 15 décembre 2009, la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Jiang Yu a tenu une conférence de presse.
Jiang Yu : Mesdames et Messieurs, bonjour. Je suis prête à répondre à vos questions.
Q : Le Vice-Président Xi Jinping a rencontré aujourd'hui l'Empereur japonais Akihito à Tokyo. L'arrangement de la rencontre a suscité beaucoup de bruits au Japon. Quels sont vos commentaires là-dessus ?
R : La rencontre entre le Vice-Président Xi Jinping et l'Empereur japonais Akihito vient de terminer. La délégation chinoise publiera des informations y relatives. La Chine et le Japon accordent tous deux une haute importance à la présente visite du Vice-Président Xi Jinping, estimant que cette visite revêt une signification importante pour faire avancer davantage la relation stratégique et mutuellement bénéfique entre les deux pays. Grâce aux dispositifs minutieux prévus par la partie japonaise, cette visite se déroule dans d'heureuses conditions.
Q : Les médias chinois ont rapporté aujourd'hui que le Financial Times a mal interprété les paroles du Vice-Ministre des Affaires étrangères He Yafei prononcées lors de l'interview accordée à cette presse qui disait que la Chine n'accepterait pas le soutien financier des pays développés destiné aux pays en développement. Pourriez-vous clarifier la position chinoise à ce sujet ? Une autre question sur la visite du Premier Ministre français François Fillon à partir de ce samedi, quelles en sont les attentes de la Chine ?
R : Dans son interview accordée au Financial Times, le Vice-Ministre He Yafei, au sujet du financement, a dit que la Chine témoigne de la compréhension et accorde de l'importance aux préoccupations particulières des pays les moins avancés, des petits pays insulaires et des pays africains, et soutient l'accès prioritaire pour ces pays-ci aux fonds de la lutte contre le changement climatique. Il est évident que l'interprétation que vous avez mentionnée est injuste.
Comme nous le savons tous, la CCNUCC a stipulé que les pays développés ont l'obligation de soutenir sur le plan financier et technologique les pays en développement dans leur lutte contre le changement climatique. Nous nous tenons toujours à ce soutien financier et technologique des pays développés aux pays en développement de sorte à renforcer les capacités de ces derniers face au changement climatique. Mais en réalité, une dizaine d'années après l'entrée en vigueur de la CCNUCC, cet engagement des pays développés reste lettre morte. Forcément, les pays en développement doutent de la sincérité des pays développés.
Face à cette situation, la Chine, en comptant sur ses propres ressources, a pris une grande quantité de mesures actives et efficaces pour lutter contre le changement climatique et obtenu de bons résultats. Si nous bénéficions du plein soutien international, je suis sûre que la Chine fera encore mieux dans le combat contre le changement climatique et la protection de l'environnement planétaire.
A l'heure actuelle, l'écart entre le montant d'aide financière promise par les pays développés et les attentes des pays en développement reste très grand. Nous espérons que les pays développés appliqueront leurs obligations au titre de la CCNUCC et accorderont aux pays en développement un soutien financier nouveau, additionnel, suffisant et prévisible. Voilà une condition importante du succès de la Conférence de Copenhague.
Le Premier Ministre français François Fillon effectuera une visite en Chine du 20 au 22 décembre durant laquelle il aura des rencontres avec le Président Hu Jintao, le Président du Comité permanent de l'APN Wu Bangguo et le Premier Ministre Wen Jiabao pour procéder à des échanges de vues larges et approfondis sur le renforcement du partenariat global stratégique sino-français et les autres questions bilatérales, régionales et internationales d'intérêt commun.
A présent, les relations sino-françaises font preuve d'un bon élan de développement, marquées par la multiplication des contacts et échanges de haut niveau et une coopération dynamique dans les différents domaines. Le volume des échanges commerciaux bilatéraux a atteint, en 2008, 38,94 milliards de dollars US, soit une augmentation de 15,7% par rapport à l'année précédente. La France est le 4e partenaire commercial de la Chine au sein de l'UE. En avril et en septembre derniers, le Président Hu Jintao et le Président Nicolas Sarkozy ont eu deux rencontres et sont parvenus à d'importants consensus sur les relations entre les deux pays. Nous espérons travailler ensemble avec la France pour concrétiser les consensus réalisés par les dirigeants des deux pays dans le but de faire progresser sans cesse les relations sino-françaises de manière saine et régulière.

Q : Les divergences entre les pays développés et les pays en développement se font sentir chaque jour davantage dans les négociations à Copenhague. Selon la Chine, quelles sont les perspectives de la Conférence de Copenhague ? Envisage-t-elle d'annuler le déplacement du Premier Ministre Wen Jiabao à Copenhague ?
R : Le gouvernement chinois a depuis toujours adopté une attitude positive et constructive sur la Conférence de Copenhague. Le Premier Ministre Wen Jiabao quittera Beijing demain après-midi pour se rendre à Copenhague. Il prononcera un discours important à la conférence sur le changement climatique dans lequel il exposera la position et les préconisations de la Chine sur son engagement actif dans la lutte contre le changement climatique et la promotion de la coopération internationale en la matière. Par ailleurs, le Premier Ministre Wen Jiabao rencontrera des dirigeants de certains pays et des responsables d'organisations internationales en marge de la conférence.
A l'heure actuelle, la Conférence de Copenhague est arrivée à un moment clé. Des progrès ont certes été réalisés dans les négociations, mais il existe toujours des divergences et des désaccords. Toutes les parties concernées doivent renforcer leurs concertations et leur coopération, et les pays développés, en particulier, sont appelés à reconnaître leurs devoirs et obligations dans la question du changement climatique, à faire preuve de sincérité politique pour prendre et honorer les engagements et faire aboutir la Conférence à des résultats positifs et réalisables.
Si les négociations rencontrent actuellement des obstacles et des difficultés et avancent très lentement, c'est essentiellement parce que les pays développés ont fait marche arrière sur des questions cruciales comme l'atténuation, le financement et le soutien technique. D'un côté, ils cherchent à dénier les principes de la CCNUCC, rejeter le Protocole de Kyoto et s'éloigner du mandat de la « Feuille de route de Bali », et de l'autre côté, ils ont posé aux pays en développement toutes sortes de conditions irraisonnables, ce qui a entravé le processus de négociations et empêché les négociations d'obtenir des résultats positifs. Nous estimons que le succès de la Conférence de Copenhague dépend essentiellement des pays développés qui doivent faire preuve de volonté politique, continuer de se fixer des objectifs de réduction de moyen terme, chiffrés et ambitieux, honorer leurs engagements financiers et fournir aux pays en développement des soutiens financiers et technologiques, cela relève de leur devoir.
Q : Récemment, le gouvernement thaïlandais a intercepté un avion cargo chargé d'armes qui avait décollé depuis la RPDC. Comment y réagissez-vous ? Est-ce que la Chine salue cette action de la Thaïlande qui semble être conforme aux résolutions pertinentes des Nations Unies ?
R : La Chine a pris acte de ces reportages. C'est au Conseil de Sécurité de juger, selon les règlements concernés, si cette action est conforme ou non aux résolutions pertinentes des Nations Unies.
Q : Des pays en développement comme la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud ont échangé des vues entre eux pour dire qu'il n'est pas question d'être divisés par les pays développés. Quel en sera l'impact sur la Conférence d'après vous ? Les pays en développement sont-ils prêts à faire des concessions pour qu'un accord soit trouvé lors de la Conférence ?
R : Si les pays en développement, y compris les pays du BASIC, c'est-à-dire la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud, ont concerté leur position, c'est pour que la Conférence de Copenhague aboutisse à des résultats positifs. C'est avec une attitude sérieuse et active que les pays en développement participent à cette conférence. Leur position est identique et claire sur les grandes questions de principe. Les pays en développement, dont la Chine et l'Inde, continueront à renforcer leurs concertations et coopération avec toutes les parties concernées, y compris les pays développés, dans le respect de la CCNUCC, du Protocole de Kyoto et de la « Feuille de route de Bali » et avec une attitude active et constructive, pour apporter leur part de contribution pour que la Conférence obtienne des résultats positifs.
Q : Une autre question sur l'interview accordée par le Vice-Ministre He Yafei au Financial Times. Voulez-vous dire que ces reportages sont faux et que la Chine acceptera tout de même des aides financières des pays développés ?
R : Je vous ai déjà précisé les termes dans lesquels le Vice-Ministre He Yafei a répondu aux questions du Financial Times. Vous pouvez donc comprendre clairement la position exprimée par He Yafei à cette occasion.
Q : Le Canada a dévoilé hier une liste de 2 313 personnes à extrader ou à rapatrier, mais Lai Changxing ne figure pas sur cette liste. Veuillez confirmer cette information. Quels sont les critères selon lesquels la Chine a demandé l'extradition de ces criminels ?
R : Nous avons remarqué ces reportages. La Chine et le Canada entretiennent une excellente coopération dans le domaine de l'application de la loi. Lors de la visite en Chine du Premier Ministre canadien début décembre, les deux pays sont parvenus à un consensus sur une coopération renforcée en matière de lutte contre la criminalité transnationale et d'extradition des criminels en fuite, et ils sont convenus de signer rapidement un mémorandum d'entente sur la coopération en matière de lutte contre la criminalité. Nous espérons que le Canada pourra honorer ses engagements pour extrader au plus tôt les criminels concernés vers la Chine.
Quant au cas de Lai Changxing, nous avons présenté à plusieurs reprises notre position à ce sujet. C'est un suspect accusé de crimes économiques qui est poursuivi par la police chinoise, et il doit être livré à la Chine qui traitera son procès conformément à la loi. Nous espérons que le Canada honorera ses engagements, classera rapidement cette affaire et rapatriera Lai Changxing vers la Chine.
Si vous n'avez plus de questions, je lève la séance. Merci de votre présence et au revoir.
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